La Volerie des Aigles
La Volerie est ouverte tous les jours. Pour les 29,30 et 31 mars mêmes horaires que le 1er avril.
 

A la volerie, on protège les rapaces et on les aime. Il faut au moins cela pour dresser ces oiseaux.

En effet, la patience est de mise pendant une ou plusieurs années, pour apprendre à un oiseau à revenir sur le gant du dresseur et à ne pas être effrayé par le public.

Patience et persévérance sont les maîtres mots du fauconnier.

Voyons ce que Schnaps, le plus vieux vautour de la Volerie, nous raconte à propos du dressage :

"Quand je suis arrivé ici, j’étais encore jeune mais j’avais déjà ma taille adulte. J’avais quitté mes parents sur leur demande. A l’âge de quatre mois, ils nous poussent à aller découvrir le monde par nous même pour éviter d’avoir à nous nourrir quand l’hiver arrive.

A l’époque, les humains m’effrayaient. Je voulais fuir, partir le plus loin possible parce que j’avais beau être grand, je savais que l’homme était un danger et qu’il ne fallait pas s’en approcher.
Un dresseur s’est occupé de moi. Il m’a donné confiance, est resté des heures, des jours, des semaines à me montrer que ni lui ni tout ce qui nous entourait n’était dangereux. Au début, j’avais même peur des branches qui bougeaient dans les arbres!

Et puis je ne voulais pas manger devant lui, je préférais m’écarter. Mais il m’a montré qu’il ne me volerait pas ma nourriture, n'en profiterait pas pour me jouer des tours. Il semblait essayer de se mettre à ma place pour voir ce qui me convenait ou pas.

Quand j’ai eu confiance, il a commencé à éloigner la nourriture pour que j’aille vers lui la chercher. Au début, il l’éloignait d’à peine dix centimètres mais je ne voulais pas. Mes parents avaient déjà utilisé cette technique pour m’apprendre à voler, je savais ce que ça signifiait : il allait falloir voler.

Fini, le temps tranquille où je pouvais rester à attendre d’être nourri. Parce qu’on a beau sembler voler pendant des heures, nous passons quand même 80% de notre temps au repos. On vole utile : chercher à manger, trouver et draguer les filles, fuir un danger. Il voulait que je vole? Très bien, j’allais voler! J’allais partir très loin de ce château et ne plus revenir.

J’ai pris mon envol et …je n’ai pas fait plus de deux mètres.
Pas bête cet humain, il m’avait attaché à une longe. Bon d’accord, je vais travailler pour mon salaire !
Après 10cm, ça a été 20 puis 50, un mètre, 2 mètres. Et puis il m’a détaché pour que je puisse voler en liberté. Je me souviens des premiers vols. Je me suis perdu au début et pas toujours près du château!

Heureusement, mon dresseur me retrouvait toujours. Je crois que c’est pour ça qu’il me fixait un petit tube sur les plumes de la queue. Lui il avait une grosse machine qui sonnait très fort quand il se rapprochait mais ne sonnait plus quand il s’éloignait. Un jour, j’ai entendu qu’ils appellent ça un système de radio-tracking, de récepteur-émetteur.

Parfois il fallait attendre plusieurs heures mais il me retrouvait. Je pouvais avoir confiance en lui pour me ramener chez moi, home sweet home, dans ce château où nous n’avons pas de prédateurs, de braconniers, où la nourriture n’est pas contaminée par des substances louches, où on nous débarrasse des virus et autres bactéries et où on nous trouve une copine… pas toujours à notre goût mais bon, les goût des humains…

A force j’ai appris à connaitre la région.

Bref, aujourd’hui, ils me laissent voler quand le temps est idéal pour m’aider à planer très haut dans le ciel. S’il fait trop mauvais, le poids de l’eau sur mes plumes et mes vieux rhumatismes me disent de rester tranquillement chez moi ! "